Entretien/interview/Quentin Dupieux
La veste en daim... «Je ne vais pas citer la marque, mais pendant que j’écrivais la première version du script, j’en lorgnais une superbe. Je gardais un onglet ouvert sur mon navigateur et de temps en temps j’allais la revoir. C’était un truc compulsif. J’ai failli craquer plusieurs fois, mais elle était portée par un mannequin. Sur moi, ça n’aurait pas été la même. Un jour, ils l’ont soldée. Elle était 2000 euros moins chère, puis elle a disparu… Je me souviens de mon premier blouson en daim, un truc Chevignon, je me le suis fait taper au bout de quinze jours à la sortie du collège, mais c’était comme une nouvelle peau. Je l’adorais.» Quentin Dupieux / Vanity Fair
«J’avais vraiment envie de travailler cette zone de la psychiatrie que je joue dans Le Daim. Pour le coup, avant d’avoir l’opportunité de retrouver un rôle comme ça ce n’est pas pour tout de suite. Sinon j’ai des envies très bêtes, très enfantines, j’ai envie de refaire du cheval, j’ai envie d’avoir une épée. Ça peut s’appeler Zorro ou ça peut s’appeler autrement, mais je veux croire à ce que je fais. Quand j’étais sur The Artist je m’y croyais vraiment, il y avait de la musique sur le plateau, on avait pas de prise de son, je croyais à tout ce que je faisais. J’étais totalement habité parce que je l’avais décidé ! Sinon c’est ennuyeux, un plateau de cinéma. Je laisse des places vide pour avoir des rencontres comme celle de Quentin. » Jean Dujardin / Maze.fr
«J’ai trouvé la voix du personnage dans les silences, beaucoup plus que dans les dialogues. C’est ce qui me fait le plus rire au monde, les silences. Il y en a beaucoup de bien gênants dans les comédies de Blake Edwards, que j’adore ; Peter Sellers s’en amusait aussi. J’avais pas mal travaillé les silences pourOSS 117. Quand on fout la paix au public, je trouve ça bien.» Jean Dujardin / Trois Couleurs
Le choix d'une veste en daim... «Je pourrais essayer de construire un discours après coup, maintenant que le film est fait, après tout ce qu'on me dit. Mais non. Ça m'est venu comme ça et je fais confiance à l'inconscient. J'ai pas pris une veste par hasard, j'imagine. Mais dans ma façon d'aborder le sujet, ça m'excite plus de ne pas comprendre. Y'a plein de trucs que j'écris que je comprends sur le tournage, au montage ou même trop tard, en salle de projection. Ça me va bien. En fait, j'adore quand je ne comprends pas ce que je fais. Je fais ça comme de la peinture. Ce sont des impressions, des envies. J'ai autant envie de peindre un mec qui se fait trancher le ventre qu'un mec qui se marre. C'est une espèce de mélange de couleurs.» Quentin Dupieux / La Libre
Fiche Technique
Réalisateur / Scénario : Quentin Dupieux
Production : Atelier de production, Arte France Cinéma, Nexus Factory, Umedia, Garidi Films
Genre : Comédie absurde / Thriller léger
Pays : France (coproduction France‑Belgique‑Suisse)
Langue : Français
Durée : 77 min
Format : Couleur, 1.85:1
Audio : Dolby Digital 5.1
Date de sortie France : 19 juin 2019
Distribution principale
- Jean Dujardin : Georges
- Adèle Haenel : Denise
- Albert Delpy : Monsieur B
- Youssef Hajdi : Olaf
- Pierre Gommé : Nicolas
- Coralie Russier : Vic
- Marie Bunel : Kylie
Équipe technique
- Photographie : Quentin Dupieux
- Montage : Quentin Dupieux
- Son : Guillaume Le Braz, Alexis Place, Gadou Naudin, Cyril Holtz
- Décors : Joan Le Boru
- Costumes : Isabelle Pannetier
- Superviseur musical : Martin Caraux
Synopsis
Georges, obsédé par un blouson 100 % daim, sombre dans un délire qui le pousse à traquer et éliminer tous ceux qui portent des blousons similaires. Une fable absurde et noire typique de Quentin Dupieux.




