Entretien Quentin Dupieux/Fumer Fait Tousser 2022

Au Silencio des Prés, Quentin Dupieux s’est prêté à un exercice qu’il affectionne autant qu’il détourne : la rencontre avec le public. À l’occasion de son film Fumer fait tousser, le cinéaste livre un échange à son image — décalé, insaisissable et subtilement provocateur.


Face aux spectateurs venus chercher des clés de lecture, Dupieux oppose une forme de résistance douce. Fidèle à sa posture artistique, il esquive les interprétations trop rationnelles et revendique une création instinctive. Chez lui, le sens ne s’impose pas : il se suggère, se dérobe, parfois se contredit.


Le réalisateur joue avec les attentes, alternant réponses sincères et pirouettes ironiques. Cette manière de brouiller les pistes rappelle que, dans son cinéma, la logique importe moins que la sensation. À travers ses prises de parole, il réaffirme une vision du cinéma affranchie des cadres traditionnels, où la narration éclatée et l’absurde deviennent des outils de liberté.


Dans ce contexte, la rencontre dépasse le simple échange. Elle prend des allures de prolongement artistique : Dupieux ne se contente pas de parler de son œuvre, il en reproduit les mécanismes. L’ambiguïté, le décalage et l’humour sec deviennent les vecteurs d’une forme de performance.



Le public, lui, oscille entre amusement et perplexité. Mais loin de chercher à guider ou à rassurer, le cinéaste préfère laisser chacun libre de construire sa propre lecture. Une posture cohérente avec son œuvre, où même les réponses semblent conçues comme des énigmes.

Dans cette vidéo, le principe est simple et ludique : tester à quel point des acteurs ayant travaillé avec Quentin Dupieux connaissent vraiment son univers… et sa personnalité.


On y retrouve Gilles Lellouche, Jean-Pascal Zadi et Vincent Lacoste, réunis dans une ambiance détendue. Le format repose sur une série de questions — parfois sérieuses, souvent absurdes — autour de Dupieux : ses habitudes, sa manière de travailler, ses goûts ou encore des éléments liés à ses films.


Très vite, la vidéo bascule dans un ton humoristique. Les réponses sont approximatives, contradictoires ou volontairement à côté de la plaque. Les acteurs jouent le jeu sans chercher la précision, ce qui crée un décalage constant entre la question et la réponse. L’humour vient autant de leurs hésitations que de leur complicité.


Au fil de l’échange, on comprend surtout une chose : même en ayant travaillé avec lui, ils peinent à cerner complètement Dupieux. Son univers, déjà marqué par l’absurde à l’écran, semble se prolonger dans la perception qu’ont les autres de lui — insaisissable, imprévisible, presque mystérieux.



La vidéo fonctionne donc moins comme un vrai quiz que comme un moment de divertissement. Elle met en avant la dynamique entre les trois comédiens, leur spontanéité et leur capacité à rire de leur propre ignorance, tout en renforçant l’image d’un réalisateur à part, difficile à définir clairement.